La joie dans les cellules

La joie dans les cellules

 

En tant que musicien, j’écris et je compose des chansons que je fais chanter à des choristes amateurs. Ainsi, j’ai 2 chorales d’une quarantaine de personnes que je dirige régulièrement. Quand arrive le moment d’apprendre la nouvelle chanson, le travail se fait a capella, sans instrument. je chante les mélodies, phrase par phrase et les choristes reprennent... De manière récurrente, je me suis aperçu que les voix détonnaient, c’est-à-dire qu’elles baissaient vers le grave au fur et à mesure que l'heure passe. On démarre la chanson en do et en quelques minutes, on descend d’un ou deux demis tons. C’est normal chez les choristes amateurs, la voix baisse si elle n’est pas soutenue.

 

Pour tenter de corriger le phénomène, lorsque nous chantons a capella, je rappelle à mes choristes que leur voix pèse lourd et qu’il faut la soutenir sans cesse pour la garder à la bonne hauteur. Certes, la chose n’est pas aisée à faire. Elle demande même, pour des chanteurs avertis, une certaine concentration... Mais c’est toujours cette explication que je donne aux choristes : « Votre voix pèse un certain poids et il ne faut pas la laisser tomber ! »

 

A bien y regarder, sur cette terre, tout pèse un certain poids et souvent, j’entends dire autour de moi que les choses sont lourdes, difficiles à porter... La vie entière pèse des tonnes pour certains et représente un vrai fardeau. Mais comment soulager cela ? Comment alléger ce poids ? Je me suis posé cette question pour pouvoir répondre au phénomène détonant de mes choristes. J’ai trouvé une réponse qui m'a parue évidente !...

 

Nous avons tous déjà senti notre corps lourd. Nous étions alors fatigué, fourbu... Dans ces états, le moindre geste nous coûte, même les pensées sont difficiles. Tout est lourd. Rien n’est simple... C’est alors qu’arrive un ami qui nous apporte sa bonne humeur, son sourire, sa voix pleine et puissante, son corps vif et plein d’entrain ! Alors le sourire vient à nos lèvres, notre voix se réveille, le bonne humeur s’installe dans notre corps et on oublie le poids des choses. Tout devient plus simple, plus léger. Puis, il s’en va et tout revient au galop !... Mais que s’est-il donc passé ?

 

Quand les choses deviennent lourdes, quand tout est difficile, nous avons tendance à tout accentuer dans ce même sens et à cultiver cette sensation. L’état qui s’est installé en nous pour diverses raisons doit être accueilli, mais pas cultivé. Sinon, nous faisons ce que font les choristes. Nous allons dans le sens du poids et tout devient de plus en plus lourd et s’enfonce, comme la voix qui détone. La présence d’une tierce personne enjouée capte notre attention et soudainement nous nous mettons à cultiver la joie ! Et tout devient léger et pourrait même s’envoler ! Mais dès qu’il part, nous oublions que nous avons réussi à combattre le poids des choses et nous retournons à ce que nous faisions avant : nous nous alourdissons !

 

Bien sûr, tout ceci se fait de manière plus ou moins inconsciente. Alors on ne peut pas rectifier lorsque ça nous arrive. Mais aujourd’hui, vous êtes à présent conscient du phénomène. Quand vous sentirez vos fardeaux s’envoler à la présence d’une tierce personne, d’un lieu ou d’un souvenir, vous vous rappellerez que ce qui vous a allégé, ce n’était que la joie que vous avez laissez entrer en vous ! J’ai un jour entendu à la radio de la bouche de la Callas, en substance, ceci : « Que l’on chante le bonheur ou la tristesse, on doit le faire avec un corps joyeux ». C’est bien réel, la joie dans le corps le rend plus dynamique, plus fort, plus tonique ! Mettre de la joie jusque dans nos cellules nous permet d’alléger le poids de notre vie, sans pour autant la prendre à la légère !...

 

Saurez-vous mettre de la joie dans vos cellules à n'importe quel moment de votre journée, de votre vie ?

 

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